Le baril en quête de pétroliers, notre gaz préfère le pipeline - 2 -

Par Mahjoub Lotfi Belhedi , Stratège en réflexion IA*
Dans un monde où une étincelle au Moyen-Orient peut faire vaciller les équilibres les plus lointains, notre pays n’est pas à l’abri. Une crise majeure, même à des milliers de kilomètres, pourrait se répercuter jusque dans le quotidien le plus banal, transformant chaque station-service en point de tension.
Et pourtant, au cœur de cette fragilité apparente, il existe une forme de protection discrète, presque organique, en l'occurrence, le lien énergétique avec l'Algérie ne se résume pas à un simple accord entre deux États il s’inscrit plus profondément dans la géographie, dans l’histoire, dans une proximité qui dépasse les calculs conjoncturels où les flux de gaz ne traversent pas des mers incertaines, il circule à même la terre, comme une continuité naturelle entre deux voisins que tout rapproche.
C’est là que réside toute l’ambiguïté. Cette interdépendance, souvent perçue en apparence comme une faiblesse, devient dans certaines circonstances une forme de bouclier. Là où d’autres pays seraient totalement exposés aux soubresauts des marchés internationaux, notre pays conserve un accès relativement stable à une ressource vitale.
Cela ne signifie pas qu’elle serait épargnée où l’inflation, les tensions économiques, les répercussions en chaîne resteraient inévitables. Mais l’essentiel serait préservé, au moins temporairement.
Mais, s’en remettre uniquement à cette proximité serait une illusion dangereuse puisque ce lien, aussi solide soit-il, reste vulnérable aux aléas politiques et aux équilibres régionaux où une relation privilégiée ne remplace pas une stratégie. Et c’est précisément là que se joue l’avenir.
Le véritable défi pour notre pays n’est pas seulement de sécuriser ce qui existe déjà par voie de renforcement durable de nos relations avec l'Algérie mais aussi par la diversification de nos partenariats, la modernisation de notre logistique et l'optimisation de nos ressources, cela passe par une ouverture vers d’autres sources, par une capacité à accueillir du gaz venu d’ailleurs, mais aussi, et surtout, par une transformation en profondeur du modèle énergétique : le soleil, omniprésent, et le vent, constant sur certaines côtes, offrent des perspectives encore largement sous-exploitées.
Réduire la consommation, mieux gérer les ressources, investir dans des infrastructures capables d’absorber les chocs, tout cela participe d’une même logique. Il ne s’agit plus simplement de tenir face à une crise, mais d’apprendre à ne plus en dépendre.
Au fond, la question n’est pas de savoir si la notre pays peut compter sur Algérie aujourd’hui. Elle le peut sans le moindre doute, mais, la vraie question est de savoir si elle pourra, demain, avancer sans craindre que ce fil vital ne se serre pour des raisons géopolitiques. C’est dans cette transition, encore hésitante, que se dessine la véritable résilience.
Fin
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