Affaire Abir Moussi : mobilisation internationale du comité de défense à Paris

Une conférence de presse organisée lundi à la place Edmond Rostand, face au Sénat à Paris, a marqué une nouvelle étape dans l’internationalisation du dossier de l’avocate et présidente du PDL Abir Moussi. À l’initiative de membres de son comité de défense, dont les avocats Nafaa Laribi et Karim Krifa, cette rencontre a rassemblé plusieurs figures du barreau français et international autour de la question du respect des droits de la défense en Tunisie.
Présenté comme un « point d’étape crucial » sur l’évolution du dossier, l’événement a mis en avant une volonté affirmée d’élargir le cadre du soutien au-delà des frontières nationales. Pour les organisateurs, l’affaire dépasse désormais le seul contexte tunisien et s’inscrit dans un combat plus large pour les libertés fondamentales et l’indépendance de la profession d’avocat.
Plusieurs avocats étrangers ont répondu à l’appel, parmi lesquels le Bâtonnier de Nantes, Louis-Georges Barret, Anne-Caro, Anne-Caroline Trinché, Thierry Njifen, ainsi que Karim Krifa. Des bâtonniers et de nombreux confrères issus de différents barreaux français étaient également présents, témoignant d’un élan de solidarité que les organisateurs qualifient d’« inédit ».
Cette mobilisation intervient dans un contexte où le comité de défense cherche à internationaliser davantage le dossier, en sensibilisant les acteurs judiciaires et les organisations professionnelles à ce qu’il considère comme des atteintes aux garanties d’un procès équitable.
Dans la foulée de cette conférence, les participants ont rejoint une manifestation d’avocats français opposés au projet de loi dit « SURE », actuellement en débat en France. Ce texte, visant notamment à désengorger les tribunaux, suscite une vive contestation au sein de la profession, en raison de l’extension du mécanisme de comparution avec reconnaissance préalable de culpabilité (« plaider-coupable ») et de la possibilité d’accélérer certaines procédures au détriment, selon ses détracteurs, du débat contradictoire.
Pour les avocats mobilisés, ces évolutions posent une question de principe : celle de la place de la défense dans le procès pénal. « Sans défense libre et orale, il n’y a plus de justice », ont-ils rappelé, établissant un parallèle entre les préoccupations soulevées en France et celles liées au dossier d’Abir Moussi.
Au-delà des revendications, la journée aura été marquée par une forte symbolique de cohésion entre avocats de différentes nationalités, réunis autour de la défense des principes fondamentaux de la justice et de la dignité de leur profession.
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