Le Nobel de la paix, un hymne à la combativité d'un peuple

Le Nobel de la paix, un hymne à la combativité d'un peuple
 
 
L’évènement :le quartet, composé des représentants des quatre grosses pointures de la société civile tunisienne, l’UGTT, l’UTICA, la ligue tunisienne des droits de l’homme et l’Ordre des Avocats recevront demain,  jeudi 10 décembre, à Oslo (Norvège), dans une ambiance de grandeur, de magnificence et de somptuosité, le prix Nobel de la paix pour 2015 que lui a attribué la  Svenska Akademien, l’Académie suédoise, institution  qui  désigne tous les ans le récipiendaire du Nobel peace prize.
 
Ce prix qui sera remis au cours d’une cérémonie reproduite par toutes les télévisions du monde,  est de toute évidence un exploit historique  pour le peuple tunisien et une reconnaissance internationale du génie tunisien. 
 
Après avoir fait la une de tous les médias lors de l’avènement du soulèvement du 14 janvier 2014, la Tunisie est de nouveau à la une avec la remise de ce prix. Les Tunisiens, en dépit de leurs divergences, ne peuvent qu’en être fiers.
  
Le Nobel peace Prize, un prix politique
 
Cette haute distinction mondiale a été attribuée au Quartet en considération des efforts déployés pour encadrer et animer  avec succès le dialogue national à une période où le pays était menacé de guerre civile en raison des attentats politiques de 2013 et du laxisme de la Troïka de l’époque vis-à-vis du terrorisme et de la contrebande. 
 
Pour mémoire, le Nobel peace prize est avant tout un prix essentiellement politique. Selon son initiateur Alfred Nobel, ce prix  récompense « la personnalité ou la communauté ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix » .
 
Ainsi le quartet tunisien s’est vu décerner ce prix en récompense pour sa  démarche politique et pour son exploit d’avoir balisé une nouvelle voie favorisant une coexistence pacifique possible et pérenne entre des Tunisiens laïcs et islamistes. 
 
Néanmoins, ce prix ne doit pas se limiter à l’euphorie et à l’enthousiasme. Il gagnerait à être valorisé au maximum et utilisé à bon escient au service du pays. Le défi est d’exploiter cette précieuse opportunité pour concocter une nouvelle image de la Tunisie. Une image à même de rappeler que la Tunisie est l’héritière de l’ambitieuse cité de Carthage qui a mis « l’Afrique dans la lumière de l’Histoire ». Une image de la Tunisie en tant que pays de concorde et de tolérance (coexistence pacifique entre laïcs et islamistes modérés). Une image de la Tunisie en tant que site où il fait bon d’y vivre, d’y séjourner, d’y entreprendre et d’y investir. 
 
Une distinction à exploiter comme argument de vente
 
Dans cette perspective, le plus important est  de rendre visible cet exploit. Pour ce faire, toute une stratégie de communication gagnerait à être mise au point.
 
Il s’agit entre autres d’écrire son Histoire, de l’intégrer dans les manuels scolaires et de déployer de manière pérenne dans tous les lieux publics (universités, établissements scolaires, aéroports, gares ferroviaires, maritimes,  routières, places publiques, autoroutes…), de portraits géants du quartet.
 
Le principe étant de rappeler aux jeunes générations et au commun des gens que les Tunisiens ont été dignes de recevoir, un jour, ce prix décerné à un pays une seule fois dans son Histoire.
 
En matière de business, ce prix peut être aussi valorisé comment argument de vente pour améliorer l’attractivité du site Tunisie pour les investisseurs étrangers et de la Tunisie-destination touristique pour les Tours-opérators et touristes.
 
Dans cette optique la diplomatie tunisienne, particulièrement, la diplomatie économique et les structures d’appui à l’investissement étranger (Fipa), à la promotion des exportations (Cepex) et du tourisme (ONTT) sont appelés à faire beaucoup de tapage sur cet exploit et à  interpeller la presse des pays émetteurs de touristes et d’investissements pour expliquer la portée civilisationnelle de cette distinction. 
 
Au final, loin de nous toute tendance à éperonner l’égo de tunisiens déjà trop nombrilistes, nous estimons qu’ils sont en droit de percevoir dans ce Prix Nobel de la paix,  un hymne à leur intelligence (fut-elle modeste),  à leur amour pour la vie, et surtout, au militantisme et à la combativité de leur société civile. Ils ne peuvent que s’en réjouir.
 
KIM
 

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