Lutte contre la désinformation en Afrique du Nord: Tous les citoyens doivent être impliqués

Lutte contre la désinformation en Afrique du Nord: Tous les citoyens doivent être impliqués

Crédit photo: Selim Hammami 

Une conférence dont le thème est l’identification de la désinformation en Afrique du Nord pour soutenir la résilience des citoyens et de la société civile, a eu lieu aujourd’hui, 12 octobre 2021, dans un hôtel à Tunis. 

La matinée de cette conférence était riche d’interventions d’experts arabes représentant la scène médiatique arabe. D’ailleurs, la Directrice de DRI a confirmé qu’on accorde moins d’importance au contenu en ligne, ce qui explique la tenue de cette conférence pour traiter la façon avec laquelle nous pouvons lutter contre la désinformation.

Raed M.Sharif  (Responsable du programme auprès de SecDev Foundation) a confirmé que les fausses nouvelles se sont propagés beaucoup plus que le coronavirus dans le monde arabe, avec l’émergence de cette crise sanitaire. En absence de crédibilité et la confiance à accorder aux régimes politiques, il semble difficile de gérer les fausses nouvelles. Ainsi, la crise du coronavirus était le cadre propice de propagation des fausses nouvelles.

De son côté, Rawan Damen (Directrice exécutive du réseau d’investigation ARIJ) a confirmé que les fausses nouvelles nous empêchent de connaitre le contenu réel de l’information. C’est la raison pour laquelle, ARIJ a lancé le Réseau Arabe des Fact-checkers (AFCN). 

Suite à une étude lancée par ARIJ, un ensemble d’enjeux a été identifié, à savoir la limite des ressources financières, le problème d’accès à l’information, l’absence d’une méthodologie déontologique ou scientifique, l’absence de compétences nécessaires, l’absence du cadre légal protégeant les journalistes et autres. Rawan Damen a appelé également à lancer plus de plateformes de fact-checking dans le monde arabe, à former une génération de fact-checkers et, profiter de l’intelligence artificielle pour dénoncer les falsifications.
 
De sa part, Nadia Al-Sakkaf ( rédactrice en chef de la radio Lana et ex Ministre de l’Information au Yémen) a confirmé qu’il existe une fracture entre le monde virtuel et le monde réel au Yémen. Certaines fausses nouvelles se lancent en monde virtuel et sont adoptées par les citoyens en temps réel sans qu’on lutte contre leur propagation. Ce qui explique l’importance du rôle des médias associatifs dans la lutte des fausses nouvelles.

Crédit photo: Selim Hammami 

En effet, Rawan Damen a mentionné que dans le monde arabe, nous ignorons encore le statut de fact-checkers. Ainsi, il est souhaitable que les citoyens soient des fact-checkers, en présence de compétences nécessaires.  Il faut donc mettre en place un cadre pour protéger les fact-checkers.

Des solutions pour lutter contre les fausses nouvelles

De nombreux projets ont eu lieu pour lutter contre les fausses nouvelles notamment le serious games « Get Bad News » présenté par Lisa Poot responsable du projet). Lancé en 2018, c’est jeu en ligne gratuit, à travers lequel les joueurs adoptent la perspective d'un fake news magnat.  En tant qu’un jeu d'actualité, il vise à améliorer l'éducation aux médias et l'impact social.

A l’échelle arabe, « Salama » se propose en tant qu’un projet prometteur visant à protéger les jeunes et les femmes contre les attaques numériques. Une série de recommandations sont publiées sur cette plateforme électronique, dont l’objectif est de développer les compétences de défense.

Notons que cette conférence a été organisée par la fondation Konrad Adenauer et NDI, et se poursuivit demain avec la présence d’une panoplie d’acteurs médiatiques.

Nouha Belaid

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