Mondher Zenaidi : Voici ma conception du gouvernement d’union nationale

Mondher Zenaidi : Voici ma conception du gouvernement d’union nationale

 

Dans une tribune publiée dans le quotidien « Assabah »  de dimanche 5 juin 2016, l’ancien ministre Mondher Zenaidi a réagi à l’initiative du président de la République Béji Caid Essebsi relative à la formation d’un gouvernement d’union nationale. Contrairement à d’autres personnalités politiques qui se sont contentées d’une simple déclaration ou d’un communiqué rendu public, et tout en soutenant cette proposition qui intervient à un moment où le pays s’enfonce de plus en plus dans la crise et qui se trouve guetté par plusieurs dangers, il a développé  sa propre conception de  ce type de gouvernement et a avancé des propositions pour une sortie de crise. La formation d'un tel exécutif est nécessaire, voire impératif,  parce que la situation politique, économique et sécuritaire du pays requiert que cesse le schéma traditionnel de débats entre majorité et opposition.
Sur le plan forme, il considère que le chef de l’Etat a fait preuve de beaucoup de courage en prenant le taureau  par les cornes et, ce faisant, il a rendu au « magistère » son honneur et sa signification. En dépit d’un régime « hybride » voulu et confectionnés par les constituants et qui a réduit les prérogatives du président de la République, Zenaidi pense qu’au-delà de cette contrainte constitutionnelle, le  président qui, contrairement au chef du gouvernement est élu au suffrage universel,  ne doit pas se soustraire à ses responsabilités et se contenter d’être une simple force de propositions, mais il doit aller loin dans la concrétisation de cette initiative.

Sur le plan forme, l’ancien candidat indépendant à l’élection présidentielles, détermine le concept du gouvernement d’union nationale qui doit être, selon lui « un gouvernement  qui soutient et concrétise l’unité nationale ». L’expérience a montré qu’aussi bien avec l’actuelle équipe formée de quatre partis ou celle de la Troïkas, ont toutes les deux bénéficié d’un large soutien parlementaire mais ont péché par un manque de soutien populaire, ce qui  a lourdement handicapé leur action.

C’est pourquoi, il préconise « un gouvernement qui soit à égale distance de toutes les formations, tout en bénéficiant de leur soutien indéfectible ». Il propose même qu’il soit baptisé « gouvernement du devoir national ». Et il nuance cette « appellation » qui requiert que la coalition actuelle ne doit pas s’en tenir à « ses parts » et que l’opposition ne doit se dérober à ses responsabilités par crainte de subir les retombées d’un éventuel échec. C’est un gouvernement, explique-t-il «  qui a des de missions précises et qui repose sur les priorités nationales avec des objectifs clairs et bien définis dans le temps ». Il est évident qu’on doit lui garantir toutes les conditions de réussite et qu’il doit bénéficier d’un large soutien de la part de a classe politique.

Dans sa thèse, Mondher Zenaidi est beaucoup plus proche de celle développée par l’UGTT qui trouve l’initiative présidentielle « positive ». Il a insisté sur le nécessaire équilibre entre ce qu’il appelle « les valeurs force et justice » qui ont été évoquées par le président de la République. « Un Etat de droit fort qui ne tergiverse pas devant l’application de la loi ».

« Le président de la République est devant une occasion historique pour tirer les enseignements des précédentes expériences », conclut Zenaidi. Il doit œuvrer à « la concrétisation de cette initiative à travers un dialogue qui se penchera sur la définition de ce gouvernement, ses missions, ses priorités et sur la mise en place d’une feuille de route avant de choisir la personnalité et l’équipe idoines pour assumer cette lourde responsabilité ».

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