Tunisie-Lutte contre le tabagisme : Rétrospective 2009 et objectifs 2010

MM. Mongi Hamrouni, Ali Ben Khedher et Abdellatif Chabou, respectivement directeur général des soins et de la santé

de base (DSSB), directeur scientifique de l’association tunisienne des maladies respiratoires et secrétaire général de la ligue des maladies respiratoires, ont donné, au siège du ministère de la santé publique, une conférence de presse consacrée à la présentation des résultats des actions menées en 2009 et aux objectifs tracés pour 2010 en matière de lutte contre le tabac et le tabagisme, en présence de M. Haythem Mguenem, coordinateur du programme national de lutte contre le tabagisme.
Cette  conférence intervient, notons-le, à l’issu d’une séance de travail, présidée par M. Mondher Znaïdi, ministre de la santé publique et qui a réuni toutes les commissions chargées de la mise la œuvre du programme national de lutte contre le tabagisme,

A cette occasion, M. Mongi Hamrouni, directeur général de la DSSB a noté que les principaux résultats des actions anti-tabagisme, enregistrés en 2009, ont été réalisés en seulement quatre à cinq mois. Et de préciser qu’au cours de cette période, un effort rocambolesque a été fourni par les parties concernées et qui s’est notamment soldé par la formation de 2 mille médecins aux spécificités propres du tabagisme, le lancement de nouvelles unités d’aide au sevrage tabagique dont le nombre est passé de 21 à 126 actuellement et quelques 10 mille sevrages réussis avec des cures couronnées de succès.
 
Il a été rejoint dans ces propos, par M. Ali Ben Khedher qui est également chef de service à l’hôpital d’Ariana et directeur scientifique de l’association africaine des maladies respiratoires, lequel a indiqué ce dernier chiffre est un chiffre record que même les mêmes les USA et certains pays d’Europe les plus avancés n’ont pas pu réaliser d’emblée et dont les expériences en matière de lutte anti-tabac « n’ont décollé que vingt ans après leurs mises en œuvre ».  
M. Ben Khedher a, par la même occasion, noté avec fierté la reconnaissance et l’admiration que suscite l’expérience tunisienne auprès des observateurs étrangers, lui qui a été récemment sollicité en France pour parler de la stratégie tunisienne de lutte contre le tabagisme sur les ondes de Radio France Internationale (RFI).

Et d’ajouter que ce qui justifie cette reconnaissance c’est, entre autres, le fait que la Tunisie est le seul pays émergent à avoir prix conscience que la lutte pour une cause sociale voire même sociétale ne passe pas forcément et seulement par l’application de la loi ni par les journées spéciales, mais plutôt par des actions non ponctuelles et continuelles qui impliquent tous les partenaires.
L’objectif de la campagne de lutte contre le tabagisme en Tunisie consiste, de l’avis de M. Ali Ben Khedher, en une sensibilisation, une application et une sanction à outrance.

2010 : nouvelles perspectives, nouvelles cibles

De son côté, M. Abdellatif Chabou, secrétaire général de la ligue des maladies respiratoires, a estimé que le fait de passer de 35 à 25% de prévalence globale du tabagisme en Tunisie, soit de -10% en un laps de temps aussi court est un exploit incroyable pour un pays où on n’a pratiquement pas autant parlé de tabagisme qu’à partir de 2009. Il a également fait savoir que sur les 10 mille personnes ayant arrêté de fumer depuis, seuls 3500 ont été aidées par les unités de sevrage tabagique. Les 6500 restants ont surtout arrêté grâce à l’efficacité des campagnes médiatiques de sensibilisation.

Et d’ajouter que deux conditions sont nécessaires pour garantir le succès des actions menées par lesdites unités de sevrage. Il s’agit, selon lui, de leur nombre qui devra atteindre les 250 unités en 2010, et de la disponibilité des patches et autres alternatives nicotiniques au tabac.

A ce sujet, M. Chabou a fait savoir que l’Etat veille à l’approvisionnement des centres de sevrage en quantités nécessaires de patches et des médicaments requis et a mobilisé, pour ce faire, 700 mille dinars en 2009.

S’agissant de la stratégie d’intervention, celle-ci se focaliserait sur les personnes qui se sont présentées aux unités d’aide au sevrage et en priorité à celles présentant des antécédents de cardiopathies.

Sachant qu’une cure de sevrage dure 8 semaines et coûte entre 100 DT (à base de patches) et 300 DT (médicament), seules les personnes susmentionnées et celles détentrices d’un carnet de soins blanc, peuvent bénéficier de cures gratuites.   

Sur le plan juridique, un projet de loi sera présenté le 9 février prochain devant la chambre des députés, en appui au décret décidé par le président de la République, relatif à l’interdiction de fumer dans les espaces publics.

Cette loi entre dans le cadre du plan d’action 2010 qui prévoit notamment de maintenir l’effort en formant davantage de médecins, d’aider 15 mille fumeurs tunisiens à arrêté le tabac et de cibler de nouvelles catégories de fumeurs comme les jeunes et les femmes, mais égalent les 8,2 millions de tunisiens non fumeurs, tout en gardant pour principale visée la diminution de la prévalence de 2,5% par an.

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