Zied Ladhari persiste et signe : le Front populaire a essayé de tirer profit des derniers  événements

Zied Ladhari persiste et signe : le Front populaire a essayé de tirer profit des derniers  événements

Dans un entretien avec le journal « le monde » Zied Ladhari ministre  du développement, de l’investissement et de la coopération internationale a analysé « la contestation sociale qui a secoué » le pays ces derniers jours.

Selon lui, le gouvernement doit « prendre au sérieux les attentes des gens, mais il ne faut pas non plus exagérer la portée de quelques événements ». Il a relevé « deux choses différentes : des protestations pacifiques, qui sont restées très limitées, et des actes de délinquance ». Toutefois, il a reconnu qu’il y a « de vrais défis économiques et sociaux, qui sont antérieurs à la révolution, un essoufflement du modèle de développement auquel se sont ajoutées des difficultés conjoncturelles : la transition, un contexte régional turbulent, trois attaques terroristes majeures en 2015. Ces facteurs exogènes ont empêché un redémarrage de l’économie au rythme souhaité ». Devant cette situation, « certaines forces politiques – principalement l’extrême gauche du Front populaire – ont essayé de tirer profit du vote de la loi de finances 2018, mais il n’y a pas vraiment eu de répondant, at-t-il affirmé.

Il a expliqué que « la situation est difficile mais pas aussi catastrophique que certains veulent bien le dire. L’année 2017 a même signé une reprise économique : nous avons retrouvé le même nombre de touristes qu’en 2010, doublé le taux de croissance par rapport à la moyenne des six dernières années, et connu une croissance inédite des exportations ».

Sur un autre plan, Ladhari qui est également secrétaire général d’Ennahdha, admet, en réponse à une question sur la coalition entreson mouvement et Nidaa Tounes,  qu’il «  est dans l’intérêt du pays que les principales forces politiques gouvernent ensemble, comme une grande coalition à l’allemande. Ce n’est pas toujours compris par les électeurs, mais c’est nécessaire. Le consensus implique de la lenteur mais au moins ses résultats sont pérennes. C’est le consensus qui a sauvé la Tunisie par rapport aux dérives qu’ont connues d’autres pays arabes ». Il a précisé que les deux formations n’ont pas « fusionné, ni gommé leurs différences ».

A propos de la couverture médiatique des dernières manifestations critiquée par le président de la république, Zied Ladhari ne pense pas que « le président a voulu stigmatiser la presse étrangère, mais plutôt monter qu’il existait parfois une vision décalée. De la même façon, certaines publications parlent de dérive autoritaire. Pour avoir personnellement connu et vécu ce qu’est un régime autoritaire, je peux vous dire que ça n’a rien à voir. Le pays est pacifié, les forces politiques règlent leurs différends dans les institutions ».

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/01/18/tunisie-nous-devons-pre...

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