Guerre MO : Un avion américain F35 « contraint à atterrir » ou « abattu » par l’Iran ?

  Guerre MO : Un avion américain F35 « contraint à atterrir » ou « abattu » par l’Iran ?

Un avion furtif F35-A a été contraint à un atterrissage d’urgence, jeudi, sur une base américaine au Moyen-Orient, a indiqué l’armée américaine, rapportant qu’il aurait été touché par un tir présumé iranien.
« L’appareil a atterri sans encombre et le pilote est dans un état stable », a indiqué un porte-parole de l’armée américaine, le capitaine Tim Hawkins, dans un communiqué.
Téhéran a revendiqué, via les Gardiens de la révolution, avoir « touché et gravement endommagé » l’appareil, et diffusé une vidéo - non authentifiée - où l’on voit un avion frappé par un projectile avant une explosion.
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf s’est, lui, félicité sur X d’avoir touché « pour la première fois au monde » ce « symbole de l’invincibilité et de l’arrogance de l’armée américaine ».
D’ordinaire très critique concernant les réelles capacités du F-35, le journaliste spécialisé dans l’aéronautique de défense Bruno Etchenic, créateur de la chaîne YouTube Bruno Aviation, relativise pourtant ce fait de guerre. « Cela reste un exploit de la part des Iraniens dans le sens où ce n’est pas si évident, mais il faut remettre les choses en perspective après quelque 10.000 sorties aériennes et 6.000 frappes américaines et israéliennes depuis le début du conflit », dit-il. Et puis, « c’est la guerre, et à la guerre on perd invariablement du matériel, le risque zéro n’existe pas, même pour l’armée la mieux équipée au monde ».
Il rappelle au passage que « les Houthis, en 2025, avaient déjà failli abattre deux avions américains, dont un F-35 » et que, durant la guerre du Kosovo en 1999, « deux F-117, des avions furtifs également, avaient été touchés, dont un a été abattu ».
Mais quid de cette fameuse furtivité, alors ? « Furtif ne veut pas non plus dire invisible, explique l’expert. Il faut plutôt parler d’un avion à faible SER [surface équivalente radar], ce qui veut dire qu’il est plus difficilement détectable, et qu’il peut s’approcher plus près des menaces. Sa technologie augmente son taux de survivabilité, mais cela ne réduit pas son empreinte à néant. Cela n’existe pas. » Surtout lorsqu’il est ciblé par un missile infrarouge, ce qui semble être le cas. « C’est très difficile de cacher la signature infrarouge d’un avion, poursuit Bruno Etchenic, surtout quand le ciel est clair et le temps, sec. »

Toutefois, pour réussir ce coup, les Iraniens « avaient certainement déjà une idée d’où l’appareil pourrait se trouver », estime le spécialiste. « On peut donc supposer qu’après presque trois semaines de bombardement, le régime iranien a certainement pu identifier des modes opératoires récurrents permettant d’anticiper des chemins utilisés par les avions américains, ce qui va certainement induire côté américain une plus grande prudence, et possiblement un ralentissement dans le tempo opérationnel. »

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