Irak : Un ingénieur kurde, Nizar Amidi élu par le Parlement président de la République

Le parlement irakien a voté samedi pour élire Nizar Amidi, un responsable politique issu de l’un des deux principaux partis kurdes du pays, à la présidence, cinq mois après des élections législatives qui n’ont pas permis à un bloc d’obtenir une majorité décisive.
Son élection intervient alors que l’Irak est encore sous le choc des retombées de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. L’Irak s’est retrouvé pris au milieu du conflit, les milices soutenues par l’Iran lançant des attaques contre des bases américaines et des installations diplomatiques, ainsi que contre des infrastructures énergétiques stratégiques.
M. Amidi, membre du bureau politique du Parti de l’Union patriotique du Kurdistan, a devancé une liste de candidats comprenant l’actuel ministre des Affaires étrangères irakien, Fuad Hussein, qui était le candidat du Parti démocratique du Kurdistan, rival de l’Union patriotique.
Selon la tradition, le président irakien est toujours kurde, tandis que le premier ministre, dont les pouvoirs sont plus étendus, est chiite et que le président du Parlement est sunnite.
M. Amidi, ingénieur né dans la province de Dohuk, dans le nord de l’Irak, a précédemment occupé le poste d’assistant auprès de deux autres présidents, Jalal Talabani et Fouad Massoum.
Aucun candidat n’a obtenu la majorité, des deux tiers, requise lors du premier tour de scrutin samedi, bien que M. Amidi ait largement devancé les 15 autres candidats, recueillant 208 voix au premier tour, tandis que le deuxième candidat — Muthanna Amin Nader, un parlementaire du bloc de l’Union islamique du Kurdistan — a obtenu 17 voix.
En conséquence, le parlement a procédé à un second tour, où le vainqueur est déterminé à la majorité simple. M. Amidi a obtenu 227 voix au second tour, tandis que M. Nader en a reçu 15.
Selon la Constitution irakienne, le président dispose de 15 jours pour charger le candidat du bloc parlementaire le plus important de former un gouvernement et d’assumer le poste de premier ministre.
Le bloc dominant, le Cadre de coordination chiite, une coalition de partis alliés à l’Iran, a annoncé en janvier qu’il nommerait l’ancien premier ministre irakien Nouri al-Maliki, malgré l’opposition de Washington.
Le bloc devra désormais décider s’il maintient la nomination de M. al-Maliki ou s’il choisit un autre candidat.
L’actuel premier ministre par intérim, Mohammed Shia al-Sudani, était le principal rival de M. al-Maliki pour cette nomination avant de se retirer pour lui laisser la voie libre.
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