La Tunisie ne figure même plus dans les 20 destinations préférées des Polonais

Les récentes statistiques de l’association des Tours Opérateurs et agences de voyages polonaise publiées en ce début de l’année 2016, confirme la détérioration remarquable de la destination Tunisie dans ce marché polonais pourtant très prometteur jusqu'en 2012.
En effet, une première lecture des destinations les plus prisées par les Polonais en 2016 indique que la Tunisie n’est même plus considérée parmi les 20 premières destinations préférées. Alors qu’entre 1990 et 2012, notre pays a toujours figuré dans le top 3 des destinations les plus vendues en Pologne avec la Turquie et l'Égypte, arrivant à maintes reprises à les dépasser pour se hisser à la première place.
Durant ces années fastes, la Tunisie a réussi à drainer en moyenne quelque 170 mille touristes polonais par an et même en 2012, soit après la révolution près de 120 mille Polonais sont venus passer leurs vacances chez nous. Avant que la régression ne s’accélère au fil des ans pour atteindre son summum en 2015.
La situation sécuritaire dans notre pays, les retombées des attentats terroristes du Bardo et de Sousse et les avis de voyage négatif émis par le ministère des Affaires étrangères polonais, sont certes parmi les premières causes de cette régression du marché polonais, mais malheureusement d’autres causes demeurent primordiales.
On peut citer dans ce sens l’absence d’actions promotionnelles de séduction en Pologne envers un public peu affecté par la peur du terrorisme. Le fait que l’Egypte et la Turquie aient réussi à se maintenir dans le top 10 des pays préférés par les Polonais, malgré leurs situations sécuritaires est bien là pour le prouver.
L’autre cause essentielle de cette régression est la disparition des liaisons directes avec ce pays que ce soit celles qui étaient assurées régulièrement par Tunisair ou les charters qui étaient assurés par Nouvelair, Karthago Airlines et même les compagnies aériennes polonaises à des tarifs très réduits au départ de dix aéroports polonais dont ceux de Gdansk, Cracovie, Katowice, Poznan, Varsovie et Wroclaw.
Ainsi donc, bien qu’il demeure émetteur, le marché polonais est paralysé par cette absence de liaison aérienne directe entre la Tunisie et la Pologne.
Pire encore, les trois marchés qui demeurent malgré tout les plus émetteurs en ces temps de la pire crise de l’histoire du tourisme tunisien, vers notre pays, à savoir ce marché polonais et les marchés russe et tchèque sont bizarrement tous paralysés par l’absence de liaisons aériennes directes entre ces pays et la Tunisie.
Ce qui empêche les tour-opérateurs de ce pays opérant sur la Tunisie, dont certains appartiennent même à des Tunisiens, de pouvoir vendre des voyages vers notre pays.
Ainsi donc, au lieu de coordonner les efforts et de les conjuguer dans le cadre d’une stratégie globale visant à sauver le secteur vital du tourisme, on continue à naviguer à vue.
La preuve c’est que Tunisair continue à essayer l’ouverture de nouvelles lignes non rentables telles la fameuse ligne d’Ebril (Kurdistan d’Irak) et refuse de se concerter avec les professionnels du tourisme pour lancer des lignes qui peuvent rapporter beaucoup à l’économe tunisienne.
Votre commentaire