Le profil des jeunes protestataires de nuit

Le profil des jeunes protestataires de nuit

Les protestations  nocturnes ont repris dans la soirée d’hier et se sont propagées comme une trainée de poudres dans plusieurs régions du pays. Elles ont dégénéré en affrontements avec les forces de la police qui tentaient de les contenir et de protéger les propriétés publiques et privées. Les manifestants  jeunes ont lancé des pierres et des cocktails Molotov sur les forces de l'ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogène et de canons à eau pour les disperser.

Selon le porte-parole du ministère de l’intérieur, la police a procédé à des centaines d’arrestations, 670 en tout, parmi les manifestants qui sont âgés entre 15 et 20 ans.

Il est difficile, pour le moment de dire si les manifestations, sans revendications claires, sans dirigeants ou soutien des grands partis politiques, vont continuer ou si elles tourneront court.

Toutefois, le profil des jeunes protestataires de nuit est complètement différent de celui de leurs désormais ainés qui se sont soulevés le 17 décembre 2010 scandant un slogan porteur « Emploi, liberté et dignité ». Ils étaient pour la plupart des jeunes, vivant dans la précarité, issus des régions de l’intérieur qui ont longtemps souffert de marginalisation et de sous-développement.

Âgés entre 15 et 20 ans, selon le ministère de l’intérieur, ils avaient 5 et 10 ans en janvier 2011, et étaient soit en classe préparatoire pour ceux dont les parents avaient les moyens, ou dans des écoles primaires. Et par conséquent, ils n’avaient ni participé au soulèvement ayant abouti à la chute du régime de Ben Ali, et à peine ayant suivi les évènements sur les écrans de télévision. La plupart d’entre eux sont des collégiens pou des lycéens. Comme il y aurait parmi eux des jeunes qui ont abandonné l’école très tôt. Ils ont un peu le même profil des jeunes qui ont pris le large au cours de cette année pour atteindre les côtes italiennes. Selon le Forum tunisiens des droits économiques et sociaux, il y a une nouvelle tendance au niveau de l’émigration clandestine des tunisiens, avec le départ des familles têtières et  des enfants non accompagnés dont des centaines ont réussi à rejoindre Lampedusa au cours de 2020.   

Ce nouveau mouvement de protestation a été déclenché dans les régions habituellement connus pour leur calme relatif, comme Sousse, le Kef, Monastir, Siliana, Béja…lesquelles n’avaient pas pesé lourdement sur le cours des événements du 17 décembre 2010, 14 janvier 2011.

B.O

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