Les différents hypothèses pour la formation du nouveau gouvernement

Les différents hypothèses pour la formation du nouveau gouvernement

C’est ce jeudi 17 octobre 2017 que l’Isie va annoncer officiellement l’élection de Kais Saied nouveau président de la république tunisienne pour un mandat de cinq ans. Son adversaire au second tour Nabil Karoui « a décidé de ne pas déposer un recours contre les résultats de l’élection présidentielle, en vue d’éviter au pays plus de perte de temps et permettre au président élu d’exercer ses fonctions dans les meilleurs délais avec à la tête des priorités de charger le parti vainqueur (des législatives) de former un gouvernement». Le successeur de Béji Caid Essebsi prêtera serment devant l’actuelle Assemblée et prendra ses fonctions le 23 octobre courant.

En attendant la proclamation de résultats définitifs de résultats des élections législatives prévue pour le 13 novembre prochain, le nouveau président va certainement se concerter avec les chefs des partis ou des coalitions électorales ayant obtenu le plus grand nombre de sièges au sein de l’Assemblée des représentants du peuple, pour els sonder avant de charger le premier d’entre eux de former le Gouvernement dans un délai d’un mois renouvelable une seule fois. On sait que c’est Ennahdha qui a remporté le plus grand nombre de sièges, 52 au total. Le mouvement de Rached Ghannouchi a déjà entamé les premiers contacts avec ses alliés naturels, excluant dès le départ toute négociation avec deux formations : 9alb Tounes qui se trouve à la seconde place avec 38 sièges et le Parti destourien libre 5ème avec 17 sièges.

La marge de manœuvre d’Ennahdha parait très étroite. Ses dirigeants qui cherchent à s’assurer une majorité confortable d’au moins 140 voix dans la nouvelle Assemblée, doivent s’évertuer pour dénicher la moindre voix même chez les indépendants. Or, vu la configuration de la nouvelle Assemblée, il est difficile pour eux d’obtenir ce nombre, à moins qu’ils n’adoptent une autre approche qui n’écarte aucune force politique et en premier lieu le parti de Nabil Karoui. Surout que leur président Rached Ghannouchi qui brigue le perchoir veut s’assurer une large majorité.

Les hypothèses se présentent comme suit :

  1. Un gouvernement dirigé par Ennahdha(52 sièges) et avec la participation du Courant démocrate(22), de la coalition al Karma(21) et du mouvement Achaab(16), soit 111 voix au total.
  2. Un gouvernement dirigé par Ennahdha avec la participation en plus des mouvements précédemment cités, du mouvement Tahya Tounes( 14 sièges) obtiendrait 125 voix.
  3. Un gouvernement dirigé par une personnalité indépendante avec la participation d’Ennahdha(52), 9alb Tounes(38), le Courant démocrate( 22)mouvement Achaab( 16)Tahya Tounes(14), Mashrou3 Tounes(04), Nidaa Tounes(03), Al Badil( 02) et Afek(02) obtiendrait 151 voix. Soit une large majorité qui permettrait au futur gouvernement de faire face aux grands défis qui attendent le pays et d’engager les réformes dès son installation.
  4. Il est évident que cette dernière hypothèse doit bénéficier du soutien des deux grandes organisations nationales, l’UGTT et l’UTICA, ainsi que du quartet qui prônent un gouvernement d’union nationale.
  5. D’autres hypothèses sont possibles. Mais tout dépendra de plusieurs facteurs à la fois endogènes et exogènes : les prédispositions d’Ennhadha à lâcher du lest et à ne considérer que l’intérêt supérieur du pays, le degré d’intervention du nouveau président de la république pour rapprocher les vues et faciliter les négociations, le rôle du quartet, la pression des pays donateurs et des bailleurs de fonds…

Il est à rappeler que selon la Constitution, ( article 89), « Si dans les quatre mois suivant la première désignation, les membres de l’Assemblée des représentants du peuple n’ont pas accordé la confiance au Gouvernement, le Président de la République peut dissoudre l’Assemblée des représentants du peuple et convoquer de nouvelles élections législatives dans un délai de quarante-cinq jours au plus tôt et de quatre-vingt-dix jours au plus tard ». A ce rythme-là, le gouvernement de Youssef Chahed qui va expédier les affaires courantes pourrait rester sur place jusqu’à fin mars 2020.

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