Nida Tounes: Réunion du bureau politique sur fond de dissensions

Nida Tounes: Réunion du bureau politique sur fond de dissensions

 

Nida Tounes  devrait tenir,  vendredi 2 octobre 2015, la réunion périodique de son bureau politique qui s’annonce un peu plus chaude que d’habitude. Les dissensions continuent à marquer la vie du premier parti du pays  et ce, malgré toutes les tentatives de rapprocher les vues, de ressouder les rangs et d’unir les efforts en vue des prochaines échéances. Certains de ses dirigeants n’ont pas hésité à étaler le linge sale du parti au grand public. Les accusations et le contre accusations se font de plus virulentes au point que Abdelmagid Sahraoui, membre du bureau politique  et l’un des soutiens  du secrétaire général Mohsen Marzouk, a carrément accusé le vice président Hafedh Caid Esebsi et le coordinateur général de Nida à l’étranger Raouf  Khammassi de conspirer contre le parti et de recevoir de l’argent de la part d’un homme d’affaires de la place pour  louer des mercenaires afin de saboter les réunions du secrétaire général. Suite à cela, Raouf Khammassi a décidé de porter plainte contre lui.

Sur un autre plan, les préparatifs du congrès, initialement prévu pour les 20 et 21 décembre 2015, semblent piétiner. D’où l’impossibilité de le tenir à cette date. Le président Mohamed Ennaceur a déclaré qu’il serait reporté au début de 2016. Mais le point de discorde  qui continue à diviser le parti est, principalement, le contrôle de la commission des structures présidée par Haefedh Caid Essebsi et que le nouveau secrétaire général veut récupérer. Il est connu que celui qui a la main haute sur cette commission pourrait décider de l’issue du congrès.

L’autre point de discorde est la nature du congrès. Se sentant minoritaires, les courants de gauche et social, tiennent à un congrès consensuel alors que le courant destourien, majoritaire au sein des bases de Nida, mais se sentant marginalisé à l’intérieur de la direction et au gouvernement, prône pour un congrès électif.  La création d’un forum de la famille destourienne et bientôt de la Fondation Bourguiba pour le dialogue, la démocratie et le développement, sont critiqués par Marzouk et ses fidèles. Le secrétaire général  a affirmé que « nul ne peut prétendre  parler au nom des destouriens qui sont très nombreux au sein du Nida ». Il a menacé de « tout révéler aux militants, si  les conflits qui minent le mouvement ne s’arrêtent pas ».

D’aucuns se sont, alors, demandé que va-t-il dire que ce qui n’a pas été dit et étalé au grand jour ?