Polémique: L’ambassadeur américain en Israël valide l’idée d’un “Grand Israël” du Nil à l’Euphrate

Les déclarations de Mike Huckabee, selon lesquelles Israël correspond à une “promesse de Dieu à Abraham”, sont vivement critiquées par les gouvernements arabes. Elles ravivent “toutes les peurs” qu’inspire le sionisme dans la région, note la presse israélienne. Et heurtent de plein fouet les démarches destinées à conduire les pays arabes à normaliser leurs relations avec Tel-Aviv, souligne la presse arabe.
“Les déclarations de l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, provoquent la colère” dans le monde arabe et au-delà, rapporte le quotidien panarabe Al-Quds Al-Arabi, qui souligne que dix-sept pays ont publié un communiqué commun pour les dénoncer.
Mike Huckabee s’est exprimé, vendredi 20 février, dans le cadre d’un entretien avec Tucker Carlson, journaliste et désormais influenceur à la droite de la droite de Maga (“Make America great again”). Il a affirmé qu’Israël disposait d’un “droit biblique” qui “remonte à trois mille huit cents années, au temps d’Abraham”. Quand le journaliste lui fait remarquer que le territoire dont il est question dans l’Ancien Testament “va du Nil [en Égypte] à l’Euphrate [en Irak], ce qui représente grosso modo l’ensemble du Moyen-Orient”, Mike Huckabee lui répond que cela ne “poserait pas de problème” si Israël prenait possession de l’entièreté de ce territoire.
Même si l’ambassadeur a quelque peu rétropédalé au cours de l’entretien, en disant que “ce n’était pas le sujet” et qu’en tout état de cause Israël n’avait pas l’intention de le faire, l’argumentaire a déclenché une “tempête de condamnations durant le week-end”, rapporte le quotidien américain The New York Times, qui note que “les gouvernements arabes ont explosé de colère”.
Contreproductif pour les efforts de normalisation
La Ligue arabe, l’Autorité palestinienne, l’Égypte, la Jordanie, le Liban, la Syrie, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, Bahreïn, Oman, le Qatar et le Koweït, mais aussi des pays non arabes tels que la Turquie, le Pakistan ou l’Indonésie, ont publié un communiqué conjoint pour exprimer leur “rejet catégorique” de ces propos et dénoncer un “discours extrémiste” qui va à l’encontre du droit international.
Pour les gouvernements et les opinions publiques arabes, les déclarations de Mike Huckabee, qui se revendique comme un “sioniste chrétien”, apparaissent en effet comme “l’accomplissement de toute leur peur primordiale au sujet du sionisme”, commente l’éditorialiste Gideon Levy du quotidien israélien Haaretz. Il estime que les déclarations de l’ambassadeur américain ont le même effet sur les opinions arabes qu’aurait sur Israël un “djihadiste et adepte de l’instauration d’un califat islamique sur la totalité du Moyen-Orient”.
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