Tunisie : la flambée des frais de scolarité dans les écoles de l’AEFE menace l'avenir du français

Tunisie : la flambée des frais de scolarité dans les écoles de l’AEFE menace l'avenir du français

Dans un article intitulé « Explosion des frais de scolarité, manque de professeurs… En Tunisie, les parents inquiets pour l’avenir de l’École française », signé Maryline Dumas à Tunis, Le Figaro met en lumière une inquiétude grandissante au sein des familles françaises et tunisiennes.

Une hausse continue des frais qui alarme les parents

La Tunisie est pourtant considérée comme un pays pilote du programme « Cap 30 », lancé par Emmanuel Macron pour doubler d’ici 2030 le nombre d’élèves du réseau de l’AEFE. Mais sur le terrain, la réalité est plus contrastée.

Les frais de scolarité connaissent une inflation marquée :

Augmentations programmées pouvant atteindre 8 % d’ici 2026.

5 000 TND de droits de première inscription pour la rentrée 2025-2026.

Plus de 10 000 TND par an au lycée, hors demi-pension et activités.

Ces montants deviennent difficiles à supporter pour de nombreuses familles. Certains expatriés envisagent un retour en France ou une déscolarisation temporaire. Côté tunisien, beaucoup de parents francophiles s’endettent, arbitrent entre enfants ou quittent le système.

Une qualité éducative sous pression

À la hausse des coûts s’ajoute une pénurie d’enseignants. Des établissements historiques comme le Lycée Pierre-Mendès-France doivent multiplier les recrutements pour combler des postes vacants, notamment en histoire-géographie, en arabe ou en éducation physique.

Cette situation alimente un sentiment de dégradation de la qualité de l’enseignement, renforçant la colère des parents et la crainte d’un système devenu moins attractif.

Un modèle concurrencé et fragilisé

Depuis 2018, plus d’une dizaine d’écoles partenaires homologuées ont été ouvertes en Tunisie. Si cette expansion répond à l’objectif de croissance du réseau, elle accentue la concurrence et met sous pression les établissements historiques, souvent confrontés à des infrastructures vieillissantes.

L’avenir du français en Tunisie en question

Au-delà de la crise actuelle, c’est l’avenir de l’enseignement français qui se joue. Les parents redoutent une école devenue inaccessible aux classes moyennes, menaçant la mixité sociale et l’ancrage historique de la francophonie dans le pays.

Si la tendance se poursuit, certaines familles pourraient se tourner vers les écoles anglophones ou le système tunisien. Un scénario qui ferait de la question des frais scolaires l’un des enjeux majeurs de la présence éducative française en Tunisie dans les années à venir.

 

 

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