TUNISIE: Le dessalement de l'eau de mer, un grand défi face au stress hydrique !

Confrontée à un stress hydrique de plus en plus préoccupant et à une augmentation constante de la demande en eau, la Tunisie s’est tournée vers le dessalement de l’eau de mer comme une réponse stratégique à ses défis en matière d’eau.
Cette approche prometteuse mais coûteuse présente des défis significatifs et offre également des opportunités importantes pour l’avenir de la gestion de l’eau dans le pays.
A cause des effets du changement climatique et des périodes de sécheresses de plus en plus pressantes, les nappes phréatiques et les cours d'eau sont de plus en plus sollicitées. La Société Nationale d’Exploitation et de Distribution des Eaux (Sonede) a mis en place une nouvelle stratégie visant à améliorer la qualité du service et à sécuriser l’approvisionnement en eau potable en recourant au dessalement de l’eau saumâtre souterraine et de l’eau de mer.
La Tunisie exploite actuellement plusieurs stations de dessalement, à l'instar de la station de dessalement des eaux de mer de Djerba, pour répondre à la demande croissante en eau potable, la station de dessalement des eaux saumâtres de Kerkennah, la station de Zarat à Gabes. Sans compter les projets en construction ou prochainement opérationnels à Sfax, Sousse, Gabes, Ksour Essef (Mahdia), mais aussi des appels d'offres lancés pour des projets futurs à Tozeur, Kébili, Sidi Bouzid, Ben Guerdane.
L'objectif pour le pays est de passer de 6 % à 30 % de l'approvisionnement en eau potable grâce au dessalement d'ici 2030. Mais les défis sont énormes face au coup élevé, à la dépendance énergétique et à l'impact environnemental.
Ainsi, le dessalement d’eau de mer en Tunisie représente une avancée majeure dans la lutte contre le stress hydrique, offrant une solution concrète pour assurer un approvisionnement en eau potable pour la population et les activités économiques du pays.
Défis financiers et infrastructures nécessaires
Le dessalement de l'eau de mer coûte cher. Les infrastructures nécessaires pour transformer l’eau de mer en eau potable sont complexes et exigent des investissements substantiels. Aussi, le processus de dessalement exige une quantité importante d’énergie, ce qui aggrave encore plus les coûts.
En fonction des projets spécifiques, le coût de la station de dessalement d’eau de mer en Tunisie peut varier. Par exemple, le projet de station de dessalement à Sfax, à titre d'exemple, a un coût d’environ 780 millions de dinars tunisiens. D’autre part, le coût de dessalement d’un mètre cube d’eau est estimé à 3,5 dinars à Sfax, Sousse et Zarat à Gabès.
La capacité de production des stations de dessalement d’eau de mer en Tunisie varie selon les projets. La station de dessalement de Zarat à Gabès aura une capacité de production de 50 000 m3 par jour, extensible à 100 000 m3 par jour. La station de dessalement de Sfax aura une capacité de 100 000 m3 par jour dans une première phase, et de 200 000 m3 par jour dans une deuxième phase.
La station de dessalement de Sidi Abdelhamid à Sousse sera en mesure de dessaler près de 50 000 m3 d’eau par jour. Donc les capacités de production des stations de dessalement d’eau de mer en Tunisie varient entre 50 000 m3 à 200 000 m3 par jour, selon les projets spécifiques.
Par aillleurs, le dessalement lui-même pose également des défis techniques. Le processus, qu’il s’agisse de distillation thermique ou d’osmose inverse, nécessite une expertise spécialisée et des technologies avancées.
De plus, la gestion des effluents salins produits pendant le processus de dessalement représente un défi environnemental important, nécessitant des stratégies de dilution ou de rejet appropriées pour minimiser les impacts sur les écosystèmes marins.
Malgré ces défis, le dessalement de l’eau de mer offre des opportunités significatives pour l’avenir de la Tunisie. En investissant dans des technologies innovantes, le pays peut surmonter les obstacles et renforcer sa sécurité hydrique à long terme et réduire sa dépendance aux ressources en eau conventionnelles.
Par Oumar Diagana, Correspondant Continental en Tunisie
Article publié en Avril 2025
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