Exode massif des médecins tunisiens: Un décret français amplifie l'hémorragie !

Exode massif des médecins tunisiens: Un décret français amplifie l'hémorragie !

 

Même si le phénomène n'est pas nouveau, il faut reconnaître qu'il a pris ces derniers temps des proportions inquiétantes. Les médecins tunisiens, très choyés en Europe, particulièrement en France et en Allemagne, ne cessent malheureusement de prendre leurs cliques et leurs claques pour aller faire le bonheur d'autres patients. Cet exode massif, aux allures de véritable hémorragie, n'est pas près de s'arrêter. Bien au contraire !

En témoignent les résultats publiés en décembre dernier du concours annuel d'équivalence autorisant les médecins étrangers à exercer dans l'Hexagone. Sur 450 postes ouverts, toutes spécialités confondues, un tiers environ des lauréats ont des noms à consonnance tunisienne.

Alors que nos toubibs, (confrontés à un ras-le-bol et à un secteur de la santé au bord de l'asphyxie), se saignent aux quatre veines pour pouvoir exercer leur métier dans les règles de l'art, d'autres contrées assouplissent les conditions d'accueil aux hommes en blouse blanche. 

Face à cette fuite des cerveaux, des médecins tunisiens, à l'instar de Moez Ben Salem (dermatologue installé à Tunis) ont pourtant tiré la sonnette d'alarme, mais la surdité associée à la cécité des autorités se font encore plus profondes chaque jour que Dieu fait. 

Et la conséquence est évidente: de plus en plus de jeunes spécialistes, pourtant formés pendant des années aux frais du contribuable tunisien, préfèrent partir. Un véritable gâchis qui affecte à la fois, aussi bien le secteur de la santé publique que celui privé.

Le plus inquiétant dans cette fuite de médecins, c'est que la France, confrontée elle-même à une pénurie de compétences médicales, a saisi l'occasion idoine pour encore "aspirer" davantage nos toubibs. Et de quelle manière !

Le décret 2017-1601 du 22 novembre 2017 publié dans le JORF (n° 0274 du 24 novembre 2017) donne désormais aux étudiants étrangers en médecine, les médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes spécialistes étrangers, l'autorisation temporaire d'exercice pour les médecins et les chirurgiens-dentistes spécialistes titulaires d'un diplôme permettant l'exercice de la spécialité dans leur pays d'origine.

Le décret, entré en vigueur dès le lendemain de sa publication, précise les modalités d'autorisation temporaire d'exercice permettant à des étudiants en médecine étrangers ainsi qu'à des médecins, chirurgiens-dentistes et pharmaciens spécialistes étrangers de venir suivre une formation complémentaire en France. Mais détermine aussi la procédure de délivrance de l'autorisation qui associe notamment de manière étroite le conseil national de l'ordre compétent et le Centre national de gestion. 

Cette autorisation temporaire de 2 ans, renouvelable, assouplit à n'en point douter les conditions d'exercice des médecins étrangers qui étaient, naguère, obligés de passer par le concours annuel d'équivalence.

Pour de plus amples détails sur le décret:

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=A008EFB9A484B9E...
 

Commentaires

  • Soumis par daniel49genty@g... le 28 Janvier, 2018 - 18:16
    Je connais assez peu le sujet ! La fuite de diplômés médecins et étudiants en médecine vers la France ne manque pas de poser de graves problèmes aux pays concernés, en l'espèce la Tunisie. Elle a pour cause, notamment, le manque de professionnels qualifiés dans les hôpitaux français et une politique récurrente de "numerus clausus" opposée à l'entrée dans la filière d'un nombre suffisant d'étudiants. Cela n'empêche pas certaines formes de mépris à l'encontre des étudiants et médecins étrangers avec, jusqu'à présent, l'obligation limite humiliante de produire des preuves exorbitantes en matière d'équivalence de connaissances et compétences, ainsi qu'une sorte de course à l'échalote pour ce qui est des autorisations de séjour. Les pays formateurs pourraient faire valoir équitablement les dépenses engagées pour la formation initiale de leurs ressortissants et demander à juste titre une réciprocité dans l'engagement des institutions universitaires et hospitalières françaises, pour bénéficier chez eux de la présence de professionnels praticiens et universitaires de médecine français et/ou originaires de leurs pays. Cela supposerait une démarche de développement conjoint dont la France, contrainte plus par une logique de profitabilité financière que par la notion de l'intérêt commun et général, ne se montre pas plus capable aujourd'hui qu'elle n'aurait pu en être promotrice hier. Il existe de par le monde un ordre qui se joue des frontières, prend plaisir à dresser des barrières entre les peuples et à tirer bénéfice des conflits, que j'appellerai un "certain empire capitaliste". Dans ce monde-là, la ruralité est étouffée par les métropoles, le faible est dominé par le riche, l'intérêt dicte sa loi aux citoyens de tous pays... Dans la déontologie médicale d'ici ou d'ailleurs, une place d'honneur devrait être décernée à l'altruisme, à la générosité, au don de soi, à l'AUTRE ! Et disant cela je n'ai pas avancé d'un pouce dans la solution des problèmes posés...

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