La PDG de Tunis-Air Sarra Rejeb parle de ses projets alors qu’elle se sait sur un siège éjectable

 La PDG de Tunis-Air Sarra Rejeb parle de ses projets alors qu’elle se sait sur un siège éjectable

 

La présidente directrice générale de la Compagnie Tunis-Air, Sarra Rejeb serait sur le point d’être éjectée de son poste. La décision afférente à son limogeage est sur le bureau du Chef du gouvernement, dit-on de sources qui se disent informées. Le ministre des Transports, Anis Ghédira qui a transmis ce projet de décision l’a accompagné de dossiers sur des présomptions de corruption au sein du transporteur national, ajoute-t-on de mêmes sources. Calme et sereine, Mme Rejeb quand on l’interroge sur cette question répond qu’elle n’est pas au courant. Tout juste si elle trouve normal qu’on parle de son remplacement puisqu’elle est à son poste depuis « 1 an 2 mois et 17 jours » dit-elle très exactement ce mercredi sur Midi-Show à Mosaïque FM.

Depuis cinq ans la moyenne de durée d’un PDG de Tunis-Air à son poste est inférieure à un an « ce qui est nocif » pour une entreprise qui est composée de huit sociétés et emploie 8500 personnes. « Les PDG qui m’ont précédé n’ont jamais dépassé la moyenne d’un an. Dès que le plan de redressement de l’entreprise est mis en place pour son exécution, il y a décision de changer le PDG ; le fait d’avoir dépassé la moyenne justifie peut être cette campagne lancée à mon encontre… ».

Elle dit ne pas être en conflit avec le ministre des Transports qui est « mon patron » dit-elle que « je respecte ». Tout au plus reconnait-elle des « divergences », ce qui est à son avis normal. Elle précise que la seule question pour laquelle elle a reçu une équipe d’inspection du ministère munie d’un ordre de mission est celle relative au vol inaugural de la ligne Tunis-Montréal. Rentrée dimanche, elle a reçu à son bureau l’équipe d’inspection lundi matin à 8 heures. Selon elle, les dépenses engendrées par le vol inaugural Tunis-Montréal le 16 juin dernier, sont de 126.000 dinars en frais relatifs aux invités conviés au vol, aux billets d’avion et frais d’hôtel de 2 nuits, à ne pas confondre avec le coût global du vol y compris les frais de kérosène et qui s’élève quant à lui à 400.000 dinars.

Quant à la conférence de presse organisée à l’aéroport Trudeau de Montréal, la PDG a indiqué qu’elle a été entièrement prise en charge par les autorités canadiennes, cocktails dinatoires compris.

Elle a insisté sur la portée positive de cette conférence qui a permis de mettre en relief le haut degré de confiance dont peut se prévaloir la Tunisie à l’étranger. Elle a ajouté que la concrétisation de ce vol a nécessité un travail de longue haleine d’une année durant laquelle des audits, des inspections et des autorisations ont été requises et réalisées. Le vol Tunis-Montréal va ainsi permettre à l’entreprise tunisienne de concurrencer Air France et la compagnie marocaine RAM qui détenaient jusqu’ici 95% du marché sur cette ligne. Sarra Rejeb a réfuté les accusations de népotisme et la nomination de ses proches notamment à la tête de l’agence de Tunis-Air à Paris indiquant qu’elle a organisé un concours à cette fin ce qui la voie la plus équitable. La PDG de Tunis Air a parlé de ses programmes parmi lesquels elle a cité l’ouverture d’une ligne Tunis-Moscou, la réouverture en charter de la ligne Tunis-Irbil en Irak, l’augmentation des fréquences de la ligne Tunis-Abidjan (via Niamey et via Ouagadougou). Elle plaide pour la réouverture des liaisons de Tunis-Air sur la Libye (où elle dit vouloir récupérer 25 millions de dinars).

Dans son interview où elle est parue calme et sereine, Mme Sarra Rejeb a montré des compétences certaines et des capacités inébranlables d’un grand commis de l’Etat.

R.B.R.

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