Mon-dial

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Quelques jours nous séparent du pèlerinage à « pieds-mages ». La coupe du monde en Russie. Deux longs mois. Deux mois d’appréhensions, deux mois  d’espoir,  tour à tour troublé par les rabats joies préventifs et les  tontons flingueurs. Ni l’un ni l’autre. Nous avions choisi de battre de cœur et de raison pour la sélection. Nous accompagnerons ici tous les matins, les aigles dans leur sustentation, propulsion et régulation. 

Commençons par le commencement. Les sélectionnables, les sélectionnés et les absents. Un nom s’impose. Il est sélectionnable, il n’est pas encore sélectionné et il brille déjà par son absence. J’ai nommé Othman Saïdi. Un buteur-né. Neuf  buts en cinq matchs. L’homme qui délivra le club sportif d’Hammam-Lif face à Jendouba sport contre vents et marées. Contre toutes attentes. Dans une équation à huit inconnues où quatre rencontres devaient se terminer sur un score favorable aux verts ! Un miracle ? Un concours de circonstances ? Qu’oi qu’il en fut, l’homme y était pour beaucoup.

Voilà un gaillard, haut comme une sculpture, marquant à l’instinct. Dominant de la tête des épaules les défenses adverses. Réalisant de la tignasse et des pieds. Des balles arrêtées. Des pénos. Des tirs cadrés. Des croisettes…. Toute la palette des gestes offensifs, plus une forme de légèreté voletante, une joie enfantine, qui disculpe des excès de jeunesse dans le jeu. 

Othman est le vrai buteur de la saison. En nombre. En qualité. En fréquence et en intensité.

Pour le moment la bien-pensance chroniqueuse ne le trouve pas sélectionnable, pour l’unique raison qu’il ne joue pas au haut niveau. Fastoche. Le jeune gardien de la sélection évolue en ligue 2 française. Hormis Khazri et Sekhiri, peu d’aiglons, se trouvent titulaires en Ligue 1. Pis encore, certains sont carrément hors-liste. L’argument du niveau est assez bureaucratique, pour être retenu. Assez expéditif paradoxalement…

L’avant-centre des verts n’est pas encore sélectionné, parce que le sélectionneur, en ligne de mire constante, s’est interdit de prendre des risques, de bousculer l’ordre sportif établi, de juger « au pied » de la lettre le talent et non la « provenance » du joueur. Maaloul veut plaire à tout le monde. Il ne plaira à personne, s’il ne reprend de sitôt  les devants et décide dans l’intérêt général de la sélection. S’il n’assume pas ses choix contre la doxa du ballon rond. Des brebis-galeuses, y en aura, quoi qu’il arrive.

Othman Saidi, brille par son absence. Parce qu’il est le seul héritier  de ce dont disposait Msakni : l’exécution rigoureuse et le choix prompt, et ce à toute épreuve, quel que soit l’adversaire, quel que soit le public !

A bon joueur !

Par Jamel HENI

 

 

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