Fuite des cerveaux : 94000 compétences ont quitté la Tunisie depuis la révolution.

 Fuite des cerveaux : 94000 compétences ont quitté la Tunisie depuis la révolution.

 

On parle beaucoup des émigrés clandestins qui risquent leur vie pour parvenir à la rive européenne de la Méditerranée, mais on parle moins d’un autre phénomène, réel lui aussi, dont la finalité est la même, quand bien même elle se déroule en toute légalité. Il s’agit de la fuite des cerveaux.

Selon l’OCDE (organisation de la coopération et du développement économique), institution occidentale dont le siège se trouve à Paris, 94 mille compétences tunisiennes ont quitté le pays au cours des sept dernières années (depuis la révolution) pour aller chercher un emploi à l’étranger. Ils sont universitaires, médecins, mais aussi juges sans parler d’entrepreneurs ou d’étudiants brillants.

D'après les chiffres disponibles quelques 8000 cadres de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique sont partis à l’étranger dont 1464 enseignants universitaires (dont 136 professeurs d’enseignement supérieur et 163 maîtres de conférence). Néanmoins ces chiffres sont en baisse au cours des dernières années. Pour l’année universitaire 2017-18, ils ne sont que 162 contre quelques 400 en 2014-15. S’agissant des hommes d’affaires, ils sont autour de 1200 à avoir déserté le pays avec leurs affaires évidemment.

La raison principale de cette transhumance est d’ordre pécuniaire, les salaires obtenus à l’étranger sont parfois dix fois supérieurs à ceux servis en Tunisie.

Quant aux élèves et étudiants brillants envoyés à l’étranger pour poursuivre ou parfaire leurs études supérieures, ils ne sont pas plus de 7% à regagner le pays leurs études achevées, les autres préférant rester à l’étranger.

Lorsqu’on sait le coût que supporte la communauté nationale pour former ces compétences (5000 à 10000 dinars par année d’étude), l’on se rend compte que cela coûte des centaines de millions de dinars au budget de l’Etat.

En raison de cette « fuite des cerveaux », la communauté tunisienne à l’étranger est en train de changer de nature. Alors qu’elle était formée de travailleurs ayant une scolarité nulle ou rudimentaire, elle compte actuellement une proportion notable (près de 9%) de diplômés du supérieur.

Alors que les tunisiens choisissaient auparavant les pays européens, ils sont de plus en plus à préférer s’établir au Canada, aux Etats Unis et dans les pays du Golfe.

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